vendredi, 23 mars 2012 14:42

Quel candidat à la présidentielle pour restaurer l'Ecole?

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 La « refondation » de l’institution scolaire dont Nicolas Sarkozy se fait le chantre est reprise quasiment par tous les candidats. Or, cette « refondation », qui marque le terme de la subversion de l’Institution scolaire entamée pour l’essentiel après la 2nde guerre mondiale sur la base du plan Langevin-Wallon – estampillé communiste - signe la fin programmée de l’Ecole.

En quoi ?...

 

...En ce qu’elle repose sur la suppression de la transmission  des savoirs par des cours – « du passé faisons table rase » – pour les remplacer par des activités au cours desquelles l’enfant est censé construire son savoir, accompagné dans son projet – quel qu’il soit – par un enseignant qui n’enseigne plus : c’est ce qui est appelé « accompagnement personnalisé » « tutorat » « aide aux devoirs »… laissant ainsi supposer au public que ces dispositifs viennent  dans le prolongement des cours pour en faciliter l’assimilation - ainsi que les intitulés le laissent à penser pour les besoins de la désinformation qui occulte la triste réalité - alors qu’ils sont instaurés en remplacement des cours,  sans obligation de résultat. Nous nous trouvons donc plus dans une logique d’école mais de lieu de vie. 

…Aboutissement d’un long processus

 Mais, cette « refondation » n’est pas une « soucoupe volante »  qui viendrait se poser de façon fortuite sur notre Ecole et dont on ne saurait pas très bien d’où elle vient ! elle est l’aboutissement de ce plan Langevin-Wallon dont le fil rouge s’est déroulé implacablement depuis 60 ans,  bien que les déréglements  qui en aient résulté aient donné lieu à un sentiment de confusion que les syndicats ont largement contribué à susciter pour masquer les tenants et aboutissants de cette déliquescence organisée.

 En effet, l’objectif clairement défini de ce plan était, en réalité, de faire disparaître l’institution scolaire en créant un corps dit « professoral » unique de la maternelle à l’université incluse et en assurant leur formation, dans la même structure, à la « pédagogie active »  afin de faire réaliser des activités aux enfants de 6 à 18 ans en remplacement des cours : c’est précisément l’objet de la « refondation » actuelle de l’Ecole mise en œuvre par Nicolas Sarkozy, dernière étape – à la suite d’une longue série - du plan Langevin-Wallon.

 La première  étape a été celle d’alléger les programmes des « humanités » après la 2nde guerre mondiale, sans attenter cependant  à l’essence même de l’institution scolaire  à ce moment là. 

La subversion a réellement démarré dans les années 50, à partir du moment où ont commencé à se généraliser l’usage des méthodes pédagogiques ineptes dans l’enseignement primaire, méthodes qui ont rendu volontairement impossible d’obtenir les résultats obtenus antérieurement avec les pédagogies traditionnelles et pour masquer les dégâts causés, toutes les « barrières » ont sauté et l’institution scolaire bouleversée pour mieux entériner l’allègement des programmes induite par la baisse de niveau générée par ce chamboulement des méthodes et délivrer de façon surmultipliée et abusive, des diplômes aux exigences sans cesse plus amoindries pour les élèves rendus incapables d’un développement intellectuel aussi performant qu’avec les méthodes traditionnelles d’apprentissage.

Cette chute de niveaux a d’abord été masquée au regard des parents par le « plus de devoirs à la maison ! » instauré en 1956, puis en faisant sauter la première barrière de l’examen d’entrée en 6ème  en 1960 , et en instaurant les CES en 1963 en remplacement des classes de 1er cycle des lycées – fusionnés avec les CEG en 1975 pour former le « collège unique » -   dans lesquels l’enseignement devenu forcément allégé - amputé d’une bonne partie des  « humanités » - a été assuré par un  personnel moins bien formé – instituteurs reconvertis en PEGC -  d’où ont été systématiquement rejetés les professeurs titulaires d’une maîtrise avec pour motif avoué ouvertement « d’avoir trop de diplômes » - trop critiques, donc trop dangereux pour le système en décomposition !

A partir de  cette période, sont arrivés dans les lycées, des élèves aux lacunes considérables mais…situation masquée par des exigences au baccalauréat de plus en plus réduites  pour aboutir à l’obtention surmultipliée de « pseudo-bacs » avec des niveaux affligeants mais servant de paravent à l’effondrement des niveaux induit dès l’école primaire, par la mise en pratique de ces méthodes pédagogiques ineptes.

 Face à ce désastre éducatif, Claude Allègre devenu alors Ministre de l’Education, a affirmé de façon péremptoire : «  tout ce qui est demandé aux élèves est trop difficile » pour promouvoir, en 1999, une  réforme révolutionnaire et fondamentale qui, au lieu de s’attaquer aux  causes de ce désastre en revenant aux méthodes traditionnelles qui ont largement fait leurs preuves,  a bouleversé totalement l’Institution scolaire en la métamorphosant  en lieu de vie par le fait de la disparition progressive de la transmission des savoirs par des cours, au profit d’activités  sans obligation de résultat : c’est ce qui était prévu dès le départ dans le plan Langevin-Wallon et  c’est l’objet de la « refondation » de l’école mise en œuvre au pas de charge par  Nicolas Sarkozy et qu’aucun candidat – sauf Marine Le Pen - ne remet en cause.

Y a-t-il un candidat pour sauver l’Ecole ?

En conclusion de l'analyse des programmes des différents candidats à la présidence de la République, nous sommes navrés de constater que, sous des vocables différents, tous les candidats, à l’exception de Marine le Pen, cautionnent la « refondation »-destruction  en cours du système éducatif…dont l’objectif est d’en faire un lieu de vie par le remplacement des cours par des activités masquées par des intentions et des appellations qui laissent à penser, au contraire,  à une restructuration du système scolaire destinée à faire réussir tous les élèves. 

Nicolas Sarkozy va donc poursuivre sa brillante carrière d’illusionniste avec des déclarations diamétralement opposées aux réalités qu’il nous a imposées et, sous couvert de faire de l’école, « l’école du savoir, l’école de l’exigence, l’école du respect » , il poursuivra la « refondation »-destruction de l’institution scolaire, Lire l'article...

François Hollande qui prétend proposer une « réforme globale du système éducatif »  compte bien, en réalité, entériner les réformes en cours mais, du fait que c’est à cette ultime étape du plan Langevin-Wallon que le système éducatif « bascule » d’école en lieu de vie, il cherche à faire illusion en prétendant vouloir entreprendre une « réforme globale du système éducatif ». Lire l'article...

Quant à François Bayrou, tout son discours traduit sa volonté de ne surtout rien bousculer de la « refondation » en cours du système éducatif tout en ayant l’air de s’en démarquer , parodiant en mineur les  dispositions déjà en cours pour assurer la « refondation-révolution-destruction » de l’institution scolaire sans que cela en ait l’air… Lire l'article...

 Les candidats « périphériques » de gauche (verts ou rouges)  ou de « droite-de-gauche » s’inscrivent également dans cette perspective : il y a donc concordance manifeste de politique éducative entre la gauche et la « droite-de-gauche ». Lire l'article...

 Quant au « programme » de Marine le Pen sur l’Ecole, il peut sembler réactif à la déliquescence profonde du système éducatif  et marquer la volonté de redresser la situation catastrophique dans laquelle il s’enfonce, mais son discours marque une connaissance insuffisante  du sujet  qui ne lui permet pas  de déterminer et d’appliquer de moyens précis pour obtenir ce redressement. Lire l'article...

Conjointement, tous les candidats, à l’exception de Marine Le Pen, apportent leur caution - avec l’utilisation de formulations  plus ou moins directes - au développement des « internats d’excellence » réservés aux enfants des banlieues où  est dispensé un enseignement de qualité avec des enseignants « triés sur le volet », enseignement refusé à nos propres enfants : tous les candidats sauf une, cautionnent donc la mort de l’Ecole pour nos enfants, et l’excellence pour les enfants des banlieues.

Néanmoins, Marine le Pen ne donne pas réellement les solutions car elle ne paraît pas bien maîtriser le problème; par contre,  nous pouvons supposer que, bien conseillée, elle pourrait envisager des solutions de redressement de l’Institution scolaire. qui consisterait à  instaurer le principe de  la liberté scolaire  et l’attribution des moyens de cette liberté  pour tous les enfants par un financement personnalisé assuré par l’Etat ou les collectivités locales. C’est la seule chance de restauration d’un enseignement de qualité et d’une renaissance de la France . Des écoles indépendantes ont déjà fait leurs preuves et doivent s’étendre.  

Quant à nous, nous sommes atterrés que cette destruction de l’Ecole qui signe la destruction de la France, soit cautionnée par autant de candidats – gauche et droite confondues -  qui se présentent à la magistrature suprême parce-qu' assassiner l’Ecole, c’est assassiner la France.

 

 


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