mardi, 08 mai 2012 12:45

"Charter school" et Ecole française "refondée"

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En 2010, s’est ouverte, à New-York, une école franco-américaine « à charte » (NYFACS = New York French American Charter School!) c’est-à-dire une école indépendante ayant défini contractuellement avec les autorités administratives, ses conditions d’organisation et de fonctionnement  et appelée, pour cette raison, « charter school ». Ce type d’école  est présenté comme le modèle à suivre pour notre système scolaire par Pierre Barthe, professeur agrégé, ancien attaché de coopération, qui conclut son discours par cette interrogation :  « Combien de temps faudra-t-il pour que ces expériences soient enfin développées dans l’ « hexagone » ? – dit-il, pour désigner notre pays, la France.  Que faut-il en penser ? et si l’on en pense du bien, serait-ce si difficile à réaliser ? ...

 

 Quelles sont les caractéristiques de cette « charter school » ?

Ses objectifs sont clairs : c’est un  établissement d’excellence offrant un  cursus d’enseignement scolaire bilingue et biculturel dont le cahier des charges comporte une obligation de résultats pour aboutir à un baccalauréat international ainsi qu’au diplôme renforcé de fin d’études secondaires de l’Etat de New-York.

A quel public s’adresse-t-elle ? La « charter school » s’adresse à des enfants d’un quartier socialement défavorisé (harlem) recrutés une fois par an, par tirage au sort, les candidatures provenant de nombreux ressortissants francophones des communautés africaines et antillaises.

L’organisation pédagogique a pour base un  projet d’établissement qui s’adresse à toute la communauté scolaire.

Son statut juridique est celui d’une école indépendante subventionnée par la ville et l’Etat de New-York de même que par l’Etat fédéral  - elle fonctionne donc essentiellement avec des fonds publics  (également quelques dons de particuliers et d’entreprises) ; la scolarité est gratuite.

En ce qui concerne l’organisation administrative, l’école est régie par un conseil d’administration qui se réunit une fois par mois et la gestion de toute l’activité scolaire (programmes, réglementation, vie scolaire….) est assurée par un directeur et des comités responsables devant le conseil.

Caractéristiques de l’Ecole française « refondée »

L’école française en cours de « refondation » menée au pas de charge par Nicolas Sarkozy  dont la continuité sera assurée par François Hollande  et qui bouleverse totalement l’institution scolaire, se caractérise par :

Des objectifs également très clairs  qui se matérialisent par une obligation de moyens : ne plus faire cours, ne plus transmettre de savoirs, laisser l’enfant construire son savoir lui-même à travers des activités essentiellement ludiques et, corrélativement.

Pas d’obligation de résultats et, pour ce faire, les notes sont progressivement supprimées de même que les examens,  remplacés par ce qui est appelé le « contrôle continu ».

La formation des « enseignants qui n’enseignent plus » est ramenée aux exigences du niveau du secondaire, la suppression de leurs concours de recrutement est déjà envisagée et le recrutement ne se fait plus sur la base des diplômes mais des « profils » !

Cette école « refondée » s’adresse à tous publics, les bons et le moins bons, les doués, les sur-doués et les pas très doués, les riches et les pauvres…avec obligation de suivre la scolarité dans un établissement donné en fonction du lieu de résidence (carte scolaire)

L’organisation pédagogique est basée sur des projets d’établissements établis à partir de thèmes très larges et très flous, substrats de programmes,

Le statut juridique est celui d’une école indépendante financée par l’Etat ou les collectivités locales.

L’Organisation administrative des établissements scolaires dans l’école « refondée » est également la même que celle de la « charter school » : régis par un conseil d’administration et gérés par un directeur assisté d’un conseil d'établissement.

Caractéristiques des « internats d’excellence » en France

Les objectifs sont la recherche de l’excellence avec  obligation de résultats. Les enseignants qui enseignent sont « triés sur le volet » sur la base de leurs compétences.

Le public concerné par ces internats d’excellence sont les enfants des banlieues.

L’organisation pédagogique , le statut juridique et l’organisation administrative sont identiques aux « charter schools » et à l’ensemble des établissements du système scolaire français « refondé » .

CONCLUSION

L’organisation pédagogique, le statut juridique et l’organisation administrative de la « charter school » et des établissements scolaires dans le système scolaire « refondé » sont identiques.

Les objectifs de la « charter school » sont les mêmes que ceux des internats d’excellence développés par Nicolas Sarkozy  – recherche de l’excellence et obligation de résultat – et les publics sont également les mêmes : les enfants des banlieues étrangers à notre culture qui bénéficient d’ un enseignement privilégié   pour en faire l’élite de la Nation, pour rompre avec la chaîne des savoirs propres à notre culture et faire disparaître notre civilisation puisqu’en même temps,est organisé l’abêtissement de nos enfants dans une « école » qui ne devient plus qu’une garderie.

Ce qui différencie fondamentalement la « charter school » et les établissements scolaires dans l’école française « refondée », ce sont les objectifs : objectif d’excellence et obligation de résultat pour la « charter school » et les internats d’excellence, objectif de moyens (suppression des cours au profit d’activités)  et absence d’obligation de résultat pour nos enfants, pour tous les autres enfants.

Ce n’est donc pas seulement l’organisation des structures qui déterminent des résultats mais les objectifs (contenus et méthodes pédagogiques).La différence entre la « charter school » et l’institution scolaire française refondée vient donc  du fait qu’un virus vient se loger dans le système au niveau de l’objectif : une obligation de moyens, différence qui a une portée considérable puisque cette obligation DETRUIT l’institution scolaire pour en faire un lieu de vie.

Il n’est donc pas difficile de créer des « charter schools » en France : elles existent institutionnellement,  leur statut juridique est le même, l’organisation administrative et pédagogique est la même ; il suffit de supprimer l’obligation de moyens et de rétablir l’objectif d’excellence et l’obligation de résultat tels qu’ils existent pour la « charter school » et les internats d’excellence et tels qu’ils existaient dans l’Ecole dite de la « République », ceci dans le but  de permettre une école de qualité pour tous.

Ce n’est pas difficile. Pour cela, il suffit seulement, pour les gouvernants, d’en avoir la volonté politique et pour nous, de nous mobiliser pour l’exiger pour nos enfants : notre survie en dépend.

Lu 4211 fois Dernière modification le samedi, 23 juin 2012 08:31