jeudi, 19 juillet 2012 12:50

Concertation sur la "refondation" de l'Ecole...

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 « Refondons l’école de la république » ! c’est le slogan lancé par Vincent Peillon, « fraîchement » nommé Ministre de l’Education.

Soyons clairs

En ce début du mois de juillet, Vincent Peillon,  a lancé une concertation  à la Sorbonne, sur la « refondation de l’école », bien que... cette « refondation » nous soit déjà très familière!...

C’est sans doute la raison pour laquelle Vincent Peillon prend soin d’insister sur le fait  qu’il ne s’agit ni d’une consultation, ni d’une commission - qui, dans ce cadre, ont déjà été constituées depuis longtemps - mais bien d’une concertation; il a raison de nous apporter cette précision sémantique qui va nous permettre de lever un coin du voile de cette fameuse concertation et d’éviter les confusions.

Une consultation  consiste à donner un avis, un conseil, sur un sujet donné : dans le cas présent, ce serait de poser la question : « faut-il refonder ou non l’Ecole ? et si oui, comment ? ». Il ne s’agit pas de cela en l’espèce; le Ministre sait qu’il faut  refonder l’école, il n’a besoin de personne pour lui donner un avis sur cette question, pas plus que pour savoir  comment la refonder ? et pour cause ! cette refondation est déjà bien engagée par les « bons soins » des précédents ministères et particulièrement du dernier !

Une commission, c’est un groupe de personnes chargées d’étudier une question, de régler une affaire; dans une telle hypothèse, il s’agit de chercher une solution pour traiter une affaire non établie  donc de réunir des personnes compétentes ou censées l’être pour apporter une solution ; il ne s’agit  pas non plus de cela puisque la question est réglée depuis longtemps par la loi fondamentale et révolutionnaire léguée par Claude Allègre au crépuscule des années 90 qui a posé les bases de la « refondation » de l’école .

Une concertation consiste à préparer en commun l’exécution d’un projet. à se mettre d’accord pour agir ensemble.

En l’espèce, il s’agit bien de cela, en effet ! la « refondation » de l’école que Vincent Peillon  veut nous présenter comme une nouveauté et destinée à « proposer des choix éducatifs »(sic), a été, en réalité, mise en œuvre progressivement par les différents ministères qui  ont succédé à Claude Allègre ;  la concertation entreprise aujourd’hui n’a donc d’autre but que de faire les ajustements nécessaires, se mettre d’accord sur la conduite à tenir, notamment pour contenir les désaccords profonds de la grande majorité des enseignants qui n'est absolument pas partie prenante pour appliquer cette réforme révolutionnaire, étant aux premières loges pour apprécier, en même temps que le chamboulement de l’institution scolaire, la destruction de tous ses fondements; ces enseignants que l’on fait taire en prétendant qu’ils éprouvent une « souffrance normale »… ce que l’histoire ne dit pas, bien entendu !

Objectifs de la refondation

Vincent Peillon a été très clair , répétant à différentes reprises qu’il s’agissait d’ « établir la République dans la durée par l’école… » , de «… refonder l’Ecole de la République et … de refonder la République par l’Ecole… »,

Vincent Peillon déclare donc très nettement - ce que nous savions déjà malgré tout -  à savoir que l’objet de la « refondation » en cours du système éducatif  du primaire à l’université incluse, n’est pas de faciliter l’accès à la connaissance et à la culture à travers des cours dispensés par des professeurs ;  il s’agit d’une véritable révolution politique, d’une révolution culturelle au sens marxiste du terme, qui s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre méthodique et progressive du plan Langevin-Wallon depuis 60 ans et dont l’ultime étape consiste, précisément, en cette « refondation ».  

Le ministre ajoute, d’ailleurs : « …quand on s’attaque à l’Ecole, on s’attaque à la République… ». En réalité, cette attaque contre l’école par le fait de cette « refondation » n’est pas une attaque contre la République, bien au contraire, puisque comme il l’a formulé très clairement, l’objectif est d’« établir la République dans la durée par l’école… », autrement dit, il s’agit de maintenir la jeunesse dans l’idée qu’il n’y a pas d’autre système fiable que celui de la république  et cette « refondation » de l’institution scolaire sert davantage la république en empêchant les enfants de se nourrir de toute mémoire historique qui les rendrait beaucoup plus critiques à son égard !

Par contre, il s’agit d’une attaque contre notre pays, la France , qui ne peut survivre en tant que telle avec cette « refondation » de l’école où toute idée de transmission des savoirs et d’exigences est balayée .

Quelle justification Vincent Peillon donne-t-il à la « refondation » ?

Vincent Peillon  a parlé «… de difficultés importantes… » chez les élèves, évoquant «… l’augmentation du décrochage scolaire … l’accroissement des inégalités…les études de l’OCDE qui font état du fait que 40% d’élèves ont des difficultés en français et en maths à l’entrée du collège… »

Et, pour prétendre pallier ces difficultés,   les mêmes prétendus objectifs assénés par les précédents ministères nous sont resservis en boucle sans qu’il ne soit question des moyens mis en oeuvre: « … la promotion de tous, l’épanouissement de chacun … la réussite pour tous les élèves …l’élève que l’on doit élever…viser au plus haut…chercher ce qu’il y a de meilleur... voilà les objectifs qui doivent guider l’école… »

Les moyens de la refondation ?

En réalité, les moyens prévus vont totalement à l’encontre de la poursuite de ces prétendus objectifs et Vincent Peillon « oublie » de dire que, dans le système « refondé », il n’y a plus d’exigences, plus de cours, plus de notes…l’élève va construire son savoir à  partir d’activités choisies par lui, sans obligation de résultat ; dans ce système, personne ne « décroche », tout le monde  reste en bas de l’échelle : c’est ce que le ministre appelle « permettre la réussite de tous »!

Cette destruction de l’école en tant que telle, est masquée par un discours qui prétend à la volonté de faire réussir tous les enfants pour faire admettre tous les bouleversements qui en résultent, tant au niveau de l’organisation du système « scolaire » qui n’en est plus un, que de la déqualification du personnel d’encadrement.

Les protagonistes de cette consultation ?

Cette consultation est censée réunir « Fédérations de parents, Organisations lycéennes et étudiantes, Syndicats, Associations, élus et personnalités qualifiées » (sic) ; en réalité, ce sont toujours les mêmes qui nous sont « servis » comme représentant les catégories de personnes intéressées alors qu’ils ne sont, en fait, que des antennes d’un pouvoir idéologique en place et ne représentent qu’eux-mêmes.

Par ailleurs, il est tout à fait remarquable que le « Comité de pilotage » soit conduit par Christian Forestier, pédagomane patenté, dont les délires pédagogistes ont littéralement ruiné le monde de l’éducation, de même calibre que Bentolila dont la réputation n’est plus à faire dans la sphère de l’école primaire où il a sévi dangereusement, maintenant envers et contre tous les ravages de l’illettrisme qui en résulte, la poursuite de l’application des méthodes semi-globales de lecture à l’origine du décervelage des têtes.

Ajoutons qu’il est prétendu que Christian Forestier est censé  « chargé d’élaborer et de proposer au gouvernement un rapport rassemblant les choix éducatifs à proposer au pays pour les années à venir… » alors que tout est prêt depuis longtemps !

Il est très symbolique aussi que  Madame George Pau-Langevin  soit nommée ministre de la « réussite éducative » - tout un programme  à défaut de programmes - ! , quand cette « refondation » est l’aboutissement de la révolution de l’institution scolaire initiée par… Paul Langevin 60 ans plus tôt!

On reste « entre soi » ! la boucle est bouclée, la tenaille se referme !

Conclusion

Autrement dit, cette comédie de la "concertation" a pour but d’"enfumer" le public et de faire croire que ce nouveau ministère prend les choses en  main pour restaurer la qualité du système éducatif afin d'étouffer tous les mécontentements, mais il est remarquable de constater que, pour ce faire, des ateliers soient constitués desquels la "presse" en est exclue! Vincent Peillon nous l'avait bien dit, vouloir oeuvrer dans la transparence...

Les précédents ministères nous ont "enfumé" de la même façon et Vincent Peillon va, sous couvert des plus belles intentions, faire comme eux :  poursuivre l’application de la réforme révolutionnaire initiée par Claude Allègre, nommément désignée du terme de  « refondation ».

Et  alors que Vincent Peillon  ose dire : «… nous ne diviserons pas les Français sur leur école, nous voulons au contraire les réunir autour des valeurs du savoir, de la culture, du désintéressement… » , il poursuit la division des Français sur l’Ecole rejetant, tout comme ses prédécesseurs,  les valeurs du savoir et de sa nécessaire transmission que tout un chacun est en droit d’attendre, ayant le cynisme d’ajouter : « …ne remettons pas sur le tapis les mêmes batailles scolaires qui ont assez conduit l’école et la nation dans l’impasse… ».

Nous ne pouvons que lui répondre : « c’est la guerre que vous avez déclaré à l’Ecole depuis 60 ans qui nous a conduit dans l’impasse et vous continuez à diviser les Français sur leur Ecole. Mais, comme nous ne voulons pas la guerre, donnez-nous la liberté, Monsieur le Ministre, c’est tout ce que l’on vous demande, et mettez vos enfants dans cette « Ecole », elle ne peut que les épanouir ! " 

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