vendredi, 14 septembre 2012 16:46

Violences scolaires...ce n'est qu'un début !

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 Les violences scolaires font « la une » de l’actualité . Certes, cette situation est très préoccupante mais il ne suffit pas de dire que ces situations sont « inacceptables » pour faire cesser le problème et quand Vincent Peillon dit vouloir  « mettre les moyens matériels » (sic), est-ce bien la solution?

 

Quelles violences ?

Quelles violences? quels agresseurs? quels agressés? Il s’agit, soit d’agressions physiques, soit d’agressions verbales, les agressions physiques provenant, dans  65% des cas, d’élèves, et dans 22% des cas, de parents . Par contre, en ce qui concerne les agressions verbales, le rapport est inversé : dans 65% des cas, il s’agit de parents et dans 24% des cas, d’élèves. Agressions proférées à l’égard de qui ? à l’égard des enseignants… à un point tel que, selon la MAIF, 55% des professeurs ont souscrit à un contrat les protégeant en cas d’agressions, c’est dire si le phénomène n’est ni ponctuel, ni localisé.

En réalité, agression contre l’institution scolaire

Phénomène récent. Jusque là, les agressions observées dans les zones difficiles étaient le fait d’élèves entre eux pour des raisons diverses et souvent en raison de difficultés de co-existence d’ethnies différentes. Aujourd’hui, le problème n’est plus du tout le même ; il  s’est déplacé et est d’une tout autre nature : il s’agit d’une agression contre l’institution scolaire, agression qui passe, bien entendu, par celui en contact direct avec les élèves : l’enseignant.

Peur de l’échec…

Selon l’AFP, la peur de l’échec scolaire et les sujets sensibles sont souvent à l’origine des agressions de professeurs.

Selon Michel Tournier, président du Syndicat national des directeurs d’établissements (SNPDEN), donc idéologiquement très marqué, « l’augmentation de 20% des violences dans les établissements scolaires en deux ans est dûe au « climat d’hystérie collective »(sic) autour de la réussite scolaire » (…) qui entraîne une « aggravation des tensions entre parents et professeurs ». En d’autres termes, selon ce brillant pédagogue (…) , vouloir la réussite scolaire de ses enfants résulterait d’une névrose collective caractérisée par des troubles divers de la sensibilité et du comportement, en un mot, ce serait de la folie !

… et d’en « rajouter une couche » en poursuivant ainsi :  «…En France, le diplôme est  décisif pour l’ascension sociale. La pression sociale crée un niveau de stress invraisemblable et la réussite scolaire représente un enjeu démesuré par rapport aux pays voisins… »..

Ce monsieur circonscrit donc à la France, le fait que le « diplôme soit décisif pour l’ascension sociale ». Il faudrait qu’il nous cite au moins un pays civilisé où ce ne soit pas le cas. De plus, ce n’est pas seulement le diplôme qui est décisif, mais la formation intellectuelle qui devrait en résulter. Or, depuis plusieurs décennies, les diplômes délivrés en France ne sont bien souvent que des coquilles vides, ce dont les élèves et les parents sont de plus en plus conscients et dont la « révélation » se fait précisément, au moment de l’entrée dans le monde du travail duquel ils sont trop souvent refoulés et pour cause ! 

« La pression sociale ? »

« La pression sociale (sic) créerait un niveau de stress invraisemblable ». Qu’est-ce que cette « pression sociale »?

En réalité, assurément, ce que ce Michel Tournier appelle «  la pression sociale » c’est tout simplement le monde du travail. Or, avec le système éducatif français tel qu’il est  conçu aujourd’hui, beaucoup de jeunes qui en sortent sont, non seulement  dans un piteux état intellectuel  mais incapables de répondre aux exigences du monde professionnel du fait que l’école ne leur a pas appris à avoir un réel comportement de travail avec la rigueur et l’effort nécessaires à l’aboutissement d’un résultat pré-déterminé.

Ne sachant pas « aligner » deux mots sans faire une floraison de fautes d’orthographe, incapables de comprendre un texte de lecture courante ainsi que le révèle sans artifices l’étude PISA (Programme international de suivi des acquis) organisée par l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) en 2010 où la France arrive au 24ème rang de la compréhension de l’écrit chez les élèves de 15 ans, comment ces jeunes trouveraient-ils leur place dans le monde du travail et alors même que dans certains secteurs, les besoins sont grands ?

Les enfants, les parents, ne sont-ils pas à même d’apprécier des résultats scolaires en décalage avec les potentialités des enfants dont les ressources intellectuelles ont été gâchées , ces résultats ne leur donnant pas accès, qui plus est, au monde du travail ?

L’institution scolaire remise en cause

Néanmoins, l’institution scolaire poursuit sa course folle dans l’abêtissement, l’abrutissement et la corruption de l’intelligence de nos jeunes par l’usage omniprésent des méthodes de lecture globales basées sur la mémoire des mots et non sur leur agencement logique alors même que, non seulement les difficultés des jeunes à se structurer intellectuellement  prennent naissance dans ces méthodes mais également leur stress, par le fait des difficultés engendrées par ces méthodes pour la poursuite d’études dans des conditions satisfaisantes.

Comment Michel Tournier,  syndicaliste patenté, peut-il dire que «… la réussite scolaire représente un enjeu démesuré (sic)  par rapport aux pays voisins … » alors même que nous arrivons dans le peloton de queue des pays civilisés pour les acquis de base de nos jeunes de 15 ans ? de la « meilleure école au monde » il y a 60 ans, la France n’a cessé de dégringoler pour obtenir des scores lamentables dans les disciplines fondamentales : français, maths, sciences.

Des violences qui ne feront que s’amplifier

Par ailleurs, il est notable que ce syndicaliste atteste que les violences dans les établissements scolaires ont augmenté de 20% en deux ans. Quid ?

La mise en place de l’école-lieu de vie menée « au pas de charge » par le précédent gouvernement et que Vincent Peillon poursuit étant basée sur la construction du savoir par l’élève au cours d’activités récréatives au détriment de la transmission des savoirs assurés par des professeurs , il est évident que, dans ces conditions, pas plus les parents que les élèves ne peuvent être dupes de cette imposture éducative. Comment les élèves, comment leurs parents peuvent-ils respecter les représentants d’une institution qui est davantage une fabrique de crétins et de chômeurs que de gens insérables dans le monde du travail ?

Les parents comme les enfants, attendent une Ecole émancipatrice et non un lieu de vie récréatif et si les violences ont commencé, elles ne s’arrêteront certainement pas, elles ne feront que s’amplifier au fur et à mesure de la mise en place de cette Ecole qui n’en est plus une et où les « enseignants » qui n’enseignent n’en sont que les lampistes. 

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