mardi, 15 janvier 2013 14:26

La "neutralité" de l'éducation selon Saint Peillon

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A l’approche de la manifestation organisée le 13 janvier 2013 destinée à s’opposer au projet de loi en faveur du mariage entre homosexuels, Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique, avait adressé à ses chefs d’établissements une lettre dans laquelle il les invitait à prendre des initiatives autour de ce sujet  qu’il  estimait représenter, à juste titre, une question importante et grave...

Dans un communiqué joint à cette lettre, il avait rappelé le désaccord de l’enseignement catholique avec ce projet de loi. Au fond, il  recommandait tout simplement aux chefs d’établissements de prendre des initiatives qui puissent permettre d’apporter des arguments justifiant ce désaccord, ceci afin d’éclairer un éventuel débat qui n’était évidemment pas exclu, bien que non formulé. Dans le contexte du moment, on peut estimer à juste titre, que cette recommandation fut celle d’un bon père de famille, n’appelant aucun reproche.

Or, suite à cette lettre, V.Peillon a adressé aux recteurs, une circulaire stigmatisant ce courrier, supputant des déclarations d’intention totalement décalées par rapport au contenu de la communication faite.

En clair, selon Vincent Peillon, exposant son désaccord sur ce projet de loi, Eric de Labarre aurait dérogé au strict respect de tous les individus et de leurs convictions…son désaccord constituerait des « violences homophobes » auxquelles les jeunes seraient particulièrement vulnérables, soulignant que les tentatives de suicide sont 5 fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels  ce qui laisserait supposer que son discours pouvait les favoriser, prétendant que, par le fait de cette lettre, le secrétaire de l’enseignement catholique aurait commis une faute! et les journalistes de la « grande » presse de lui emboîter le pas, parlant de « recadrage », de « rappel à l’ordre », de "manque de mesure" de l’enseignement catholique, de "mal fait", etc !

Ces discours surréalistes ont non seulement de quoi surprendre mais inquiéter, et il faut saluer le courage d’Eric de Labarre de n’avoir pas cédé aux intimidations et d’avoir confirmé son propos.

Poursuivant son discours, Vincent Peillon a prétendu qu’il n’était pas opportun d’importer ce débat dans l’école  alors même qu’aujourd’hui, tout « enseignement » (sic) doit exclure les cours au profit de débats et autres activités, au cours desquelles l’élève est censé s’instruire -  ce qu’a su lui répondre très opportunément le secrétaire général de l’enseignement catholique.

Le "clou"des reproches, c’est quand Vincent Peillon a osé affirmer : «…cet enseignement doit respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience de chacun… ».

A cet égard, nous ne résistons pas au plaisir de sortir du "ciboire" de Vincent Peillon, quelques morceaux choisis inhérents à sa « neutralité » à la tête du ministère de l’Education :

« …Nous voulons changer les mentalités des jeunes… »

«…La révolution française n’est pas finie, c’est à l’Ecole de l’achever… nous voulons travailler à la « refondation » républicaine de notre Ecole…une « refondation » de la République par l’Ecole…»

«… Il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après, faire un choix… »,  autrement dit, il faut arracher l’élève à sa famille, à son pays, à sa culture, à son histoire, en un mot à ses racines pour en faire un être dépouillé, sans défenses, un pantin en pâte à modeler à la solde des manipulateurs de notre destin et ce, dans le but d’anéantir notre civilisation et de faire un homme nouveau (…)

«…L’ Ecole est l’instrument de l’action politique républicaine et socialiste, l’Ecole est un instrument de la religion laïque … c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin, l’Ecole sera le temple de cette nouvelle religion...

« …C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation  ( pas moins!!) qui opère dans l’Ecole et par l’Ecole, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses tables de la loi… » (fin de citation)

«…Il y a un infini flottant dans l’âme de l’enfant et l’éducation se fixe pour tâche de lui donner une forme ...»

Au moins, nous voilà rassurés sur la « neutralité » de Vincent Peillon

Encore sous le coup du poids  de la « neutralité » de ce discours, une dernière question nous est venue à l’esprit : dans ce projet de société si dense et si « neutre », quelle place va avoir l’enseignement catholique ? et, dans ces conditions,

 Qui ? déclare la guerre à qui ?

Quant à Laurent Wauquiez , sa condamnation des propos de Vincent Peillon est sans ambiguité :

« …faire culpabiliser les chrétiens, c’est scandaleux ! de laisser croire que la vision de la famille dans l’enseignement catholique serait responsable de suicides chez les jeunes homos….c’est une grande manipulation politique qui cherche à faire culpabiliser les chrétiens et à faire croire que l’opposition au mariage homo et l’adoption est le fait d’une minorité...ce projet de loi est d’abord la réforme du rejet, du mépris et de la haine à l’égard des religions et en particulier des catholiques…toutes les religions monothéistes sont opposées à ce projet de loi... »

 

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