jeudi, 05 février 2015 17:30

Jeunes qui envisagez d'enseigner...

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Jeunes qui envisagez d'enseigner, attention au choix des établissements dans lesquels vous devrez  faire vos études universitaires, de même qu'au choix de ceux dans lesquels vous devrez enseigner si vous envisagez d'enseigner réellement.

Deux institutions, l’Université publique et les IUFM, rebaptisés ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) - encore qu’elles n’en constituent en réalité qu’une seule puisqu’elles ont fusionné en 2008 – sont radicalement à éviter. Fusion - faut-il le souligner - qui n’a d’autre objectif que de faire des  IUFM/ESPE  les véritables « maîtres » de l’Université et de faire disparaître l’enseignement universitaire. C’est ainsi que l’Education Nationale, de même que ses satellites sont en train de « rendre l’âme » du primaire à l’Université incluse.

 Pourquoi la disparition de l’enseignement disciplinaire à l’université ?

 Dans le cadre de la « refondation de l’Ecole », les cours sont supprimés, du primaire à l’université incluse - remplacés par des activités au cours desquelles les enfants, les jeunes sont censés construire leur savoir, et les directives données aux enseignants-qui-n’enseignent-plus  sont précises : « plus question d’enseigner, vous n’avez rien à transmettre » – credo des IUFM-ESPE – il s’agit d’accompagner les élèves dans leur projet : l’enseignant est ainsi reconverti en animateur-accompagnateur. Certes, il existe encore, mais sporadiquement, des établissements où l’on enseigne encore, mais avec difficulté et pas pour longtemps : les « anciens » essaient de faire de la résistance, ils ont été formés pour enseigner et non pour animer, ils ont reçu le savoir nécessaire pour le transmettre et « rament » à contre-courant.Mais la hiérarchie pédago-administrative ne perd pas sa ligne d’horizon et, comme l’a fait savoir  une inspectrice pédagogique régionale : « nous combattrons la résistance aux réformes par épuration biologique »…comprenez, avec les départs à la retraite. Qu’en termes élégants, ces choses-là sont dites ! Certes, c’est un volet de la solution.

Organisation de l’ignorance du personnel « enseignant-qui-n’enseigne-plus »

 L’autre volet - qui rejoint le premier - étant celui d’organiser l’ignorance de ceux destinés à encadrer les pseudo-élèves et les pseudo-étudiants. Deux moyens sont à l’œuvre : la dénaturation et la réduction des exigences des concours de recrutement des « enseignants-qui-n’enseignent-plus », avant que ne soit acquise leur disparition – prévue et déjà acquise pour certains – de ces mêmes concours (CAPES par exemple) et le recrutement de personnels sans qualification.

1 – Dénaturation et réduction des exigences des concours de recrutement, avant leur disparition

La réforme du CAPES 2009 a donné le ton : la formation des enseignants et leurs conditions de recrutement ont été réduites comme une peau de chagrin avant leur disparition prochaine, ce qui se conçoit aisément pour répondre aux non-exigences  d’une école-lieu de vie. C’est ainsi que les programmes spécifiques aux CAPES ont disparu au profit d’un alignement sur ceux du 2nd degré : collèges et lycées. Dans la foulée, les exigences des concours eux-mêmes se sont effondrées et le contenu des épreuves disciplinaires dénaturé, puisque ces épreuves ne sont plus seulement destinées à vérifier les connaissances propres à la discipline mais également les connaissances épistémologiques des candidats.Ainsi, par exemple, du CAPES de lettres classiques, qui est passé de 5 épreuves (3 écrits et deux oraux) à deux écrits, faisant passer le coefficient des épreuves disciplinaires de 80 à 40%, ceci avant la disparition pure et simple de ce même concours en 2013 (la dernière session ayant eu lieu en 2014) remplacé par un CAPES « fourre-tout »,  avant qu’il ne soit transformé radicalement et à court terme en « Sciences de l’éducation » - vomi de pédagogisme dont les IUFM sont si friands - dernière étape avant la disparition complète, disparition qui sera forcément  le cas pour les autres CAPES dont il n’y a nul besoin pour œuvrer dans une « école-lieu de vie ».

2 – Recrutement de personnels sans qualification

C’est un autre moyen d’abattre l’enseignement disciplinaire et de ne pas laisser le personnel d’encadrement être « tenté » d’enseigner. Ainsi,  le recrutement d’une masse importante de personnels dans l’éducation nationale ne doit pas nous abuser : 6000 en 2013, 12000 en 2014 et 18000 en 2015 ; ce recrutement est basé sur le recrutement « d’emploi-avenir-professeur » : c’est Vincent Peillon qui a trouvé cette belle formule.

 A qui s’adressent ces « emplois-avenir-professeur » ?

L’accès en est ouvert aux étudiants titulaires d’une bourse d’enseignement– sur critères sociaux  (très important !)  inscrits en 2ème année de licence ( n’ayant donc aucun diplôme universitaire ), le cas échéant en 3ème année de licence ou 1ère année de master dans un établissement d’enseignement supérieur – autrement dit dans un IUFM-ESPE – donc, des étudiants déjà engagés dans le processus de formatage, aucune condition de nationalité n’est exigée !                                          

Autres priorités

Sont prioritaires, les étudiants qui ont résidé au moins deux ans dans un Z.U.S. (zone urbaine sensible) dans une Z.R.R. (zone de revitalisation rurale) ou dans un D.O.M.(département d’Outre-mer) ou qui ont effectué au moins deux années d’études secondaires dans un établissement situé dans une de ces zones ou dans un établissement de l’ « éducation prioritaire », c’est-à-dire situé dans une Z.E.P. ( zone éducation prioritaire). Comme nous pouvons le constater, il s’agit d’un recrutement très… « sélectif » !

Les candidats sont recrutés par les établissements d’ « enseignement » (sic) et concluent un contrat de droit privé d’un an pendant lequel ils effectuent un stage sur le terrain, encadrés par un tuteur (qui n’enseigne déjà plus) et « doivent se présenter à un des concours de recrutement d’enseignants du 1er ou 2nd degré pour poursuivre leur  formation dans un établissement d’enseignement supérieur » en clair, l’ « établissement d’enseignement supérieur » est un IUFM/ESPE (passage obligé) qui  prend en charge la totalité de la (dé)-formation. Autrement dit, la formation dans une discipline d’enseignement n’est pas au programme ! et pour cause ! Dans ce système, on n’enseigne plus !

 Alors, jeunes qui envisagez d'enseigner, que devez-vous faire ?

 Vous qui avez reçu une instruction soignée dans une école indépendante, que l’on appelle « école privée hors contrat », ne perdez pas votre temps dans ces institutions totalement dévoyées que sont l’Université publique/IUFM-ESPE : surtout n’intégrez pas ces structures. Si vous voulez réellement enseigner, faites impérativement appel à une Université privée : ainsi, vous pourrez transmettre votre savoir, notre culture et participer à la sauvegarde de notre civilisation. Il en existe, tout comme il existe des écoles privées hors contrat pour l’enseignement secondaire. A Paris, l’institut universitaire ST PIE X donne une qualité d’enseignement universitaire remarquable, mais si vous habitez la province, cherchez bien, il doit bien y en avoir aussi . Et surtout, ne désarmez pas ! 

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